Passez la souris sur le texte pour qu'il s'arrête La prière du Chien Au fond du vieux refuge La prière du chien Je serai ton ami fidèle, si tu veux être le mien. Je prendrai grand soin de la place que tu me fais dans ta maison. Je porterai fièrement le nom que tu me choisis. En remerciement de la nourriture que tu me donnes, j'obéirai strictement à tes ordres. Pour ton affection et tes caresses, je te ferai don de ma vie entière et de mon dévouement. Seigneur,je veille. Si je n'étais pas là, qui garderait leur maison ? Qui leur serait fidèle ? Il n'y a que vous et moipour comprendre ce qu'est la fidélité. Ils me disent "bon chien ! brave chien !" Des mots.... Moi je prends leurs caresses Et les vieux os qu'ils me jettent. Et j'ai l'air content ! Ils croient tellement me faire plaisir !Je prends aussi les coups de pieds quand ils arrivent ! Tout cela n'a pas d'importance Moi je veille ! Seigneur,Ne permettez pas que je meure avant que pour eux Tout danger soit écarté ! Ainsi soit il. Quand je naîtrai, tu me choisiras, Et pour la vie tu me garderas, Et si parfois dans ta maison je m'oublie Pardonne-moi je suis encore petit Tu verras quand je grandirai Propre, très sage, je deviendrai, Je ne te demanderai presque rien Une caresse et un peu de pain, En échange, je veillerai sur tes biens Et ne laisserai personne importuner les tiens Mon amour et ma fidélité grandiront pour toi Tu seras mon univers, mon avenir et ma joie Tu seras mon seigneur et mon maître Ton esclave et ton enfant je veux être Sans hésiter, je te donnerai ma vie Mais, s'il te plait, je t'en supplie Ne m'abandonne pas.... Pourquoi m'as-tu abandonné? Au fond du vieux refuge Dans une niche en bois Depuis deux ans je purge D'avoir trop cru en toi Tous les jours je t'attends Certain que tu viendras Tous les soirs je m'endors Sans que tu sois là. Que c'est-il donc passé Pour que ce 16 juin Heureux que tu étais Je me rappelle bien Tu sifflais, tu chantais En bouclant les valises Que tu m'aies attaché Là devant cette église Ton absence me pèse Et les jours sont si longs. Mon corps s'épuise Et mon coeur se morfond Je n'ai plus le goût à rien Et je deviens si laid Que personne jamais Ne voudra m'adopter. Tu m'as mis à la chaîne Ou tu m'as enfermé Tu m'as laissé des jours Sans boire et sans manger J'ai dormi bien souvent Dans ma niche sans toi Paralysé, raidi Tellement j'avais froid. Pourtant si tu reviens Nous partirons ensemble Nous franchirons en choeur La porte qui ressemble À celle d'une prison Et que je ne veux plus voir Et dans laquelle hélas! J'ai broyé tant de noir. Voilà, mon rêve se termine Car je vois le gardien Et le vétérinaire au loin Ils entrent dans l'enclos Et leurs visages blêmes En disent long pour nous Sur ce qu'ils nous amènent Je suis heureux tu vois Car dans quelques instants Je vais tout oublier Et comme il y a deux ans Je m'endormirai sur toi Mon seul et grand ami Je dormirai toujours Grâce à l'euthanasie. À vous tous les humains J'adresse une prière Me tuer tout petit Aurait peiné ma mère Mais il eût mieux valu Pour moi cette manière. Et vous n'auriez pas eu Aujourd'hui à le faire. Texte de Monsieur : DUMAS Gilbert